Pharmacopée n°56

Être à l’unisson du monde

Je suis tombé sur une phrase de Etty Hillesum qui me donne un magnifique exercice spirituel : « Je ne suis pas seule à être fatiguée, malade, triste ou angoissée, je le suis à l’unisson de millions d’autres à travers les siècles, tout cela, c’est la vie. »

Toute la vie spirituelle revient à danser avec le tragique de l’existence et ne pas se laisser aigrir par ce qui nous accable. Dès lors, en se levant le matin, on peut choisir de considérer les autres comme des coéquipiers embarqués sur la même embarcation, voire sur la même galère. C’est peut-être une première clé qui m’a permis de dire oui un peu plus légèrement au handicap. Comprendre que derrière la moquerie, il y a une grande souffrance.

Je ne sais plus quel sage invitait à considérer le monde comme un grand asile de fous ou de malades, une chose est sûre : voir le paquet de souffrances qui pèse chaque jour sur le monde nous invite à oser un peu de générosité au jour le jour. C’est peut-être vite dit et moins facile à faire. Etty Hillesum m’invite aussi à ne plus me dire « c’est ma fatigue » mais simplement à accueillir la fatigue qui me traverse aujourd’hui.

Merci à tous pour votre fidélité. Tout de bon en ce début de printemps.

Alexandre

22 Comments on “Pharmacopée n°56”

  1. Juste un bonjour,je n’ai pas cette facilité d’écrire mais j’adore lire:-)je suis entrain de lire la construction de soi,un livre que j’ai pris au hasard chez un ami et qui m’a permis d’en connaître l’auteur,bravo…

  2. Alexandre vous êtes un grand Monsieur, j’ai eu une cousine avec la même contrainte de vie que vous mais ne l’a pas tolérée de la même façon. Votre philosophie aide à vivre les bien portants. Dites vous bien que votre vie est remplie d’espoir pour ceux qui vous entourent et ceux qui vous lisent. Nous suivons vos écrits comme un agneau suit le berger. Vous êtes le phare dans la nuit. Merci, Merci, Merci.

  3. Votre rencontre par le biais de vos livres et de la télévision transforme ma vie et me ramène chaque jour à l’essentiel, merci et cultivons nos différences dans notre anormalité, ne soyons pas comme les autres, mais juste comme nous simplement.

  4. Cher Alexandre, je vous souhaite de belles fêtes de Pâques. bonne chasse (des œufs de Pâques) et bonne indigestion de chaleur humaine.

  5. Bonjour Alexandre, je vous ai découvert dans l’émission La Grande Librairie: j’ai été subjuguée par vos paroles empreintes de sagesse, de compassion et l’infinie bonté qui émanait de votre regard. Et depuis, je suis plongée dans vos livres qui m’aident à voir le monde différemment.. Un grand merci à vous et une belle continuation!

  6. Bonjour Alexandre

    J’aime lire votre réflexion. J’aime la laisser résonner en moi et voir ce qu’elle vient cueillir ! Ce qui me vient là, à vous lire, c’est Vous. Vous écrivez  » C’est peut-être une première clé qui m’a permis de dire oui un peu plus légèrement au handicap. Comprendre que derrière la moquerie, il y a une grande souffrance.  » Voyez vous combien votre intelligence du coeur est présente, combien vous la laissez être, vous la laissez transparaitre … .Lumière, elle rayonne partout en vous ! Votre regard rayonne d’Elle, votre esprit transpire d’Elle ou ailes … comment voulez vous que je vous l’écrive !!! Disons qu’Elle vous donne des ailes ! Votre corps douloureux, fatigué vous sert à avancer vers elle … il sert la rencontre avec vous même avec votre profondeur, avec le mystère de la Vie, avec … Lui. Votre corps est un chemin … une quête ! Cette intelligence du coeur qui est là vôtre, est pour beaucoup dans votre rapport à la vie, à vous mêmes, aux autres et à votre handicap.

    Vous aimez, Alexandre.

    c’est plus fort que votre handicap et cela vous sauve de la petitesse de la vie, de l’aigreur dans laquelle certains sombreraient à votre place.

    Vous vous cherchez dans votre réflexion mais vous êtes là dans l’Amour tout simplement. Pas l’amour attachement simplement, non un Amour plus vaste, plus profond, un Amour quiet, un Amour Espace où la différence a sa place, où l’autre a sa place, où vous même vous devenez lumineux de Sa Lumière. Votre personne, votre handicap respire le non handicap lorsque relié à cette sublime Lumière qui vous respire vous ne faites plus qu’un avec Elle et avec Lui. Vous ne devenez plus que l’expression de Cela, Alexandre.

    Etty Hillesum a incarné, elle aussi, par son histoire et sa vie, la Lumière de cet Amour là ….

    Merci.

    Eliane C.

  7. Bonjour Alexandre,
    Pour rebondir sur la phrase que vous citez d’Etty Hillesum, je trouve que votre dernier livre est tout à fait dans le sujet.
    Votre dernier ouvrage est très touchant et mon préféré de vos livres.
    En tant que simple mortelle, je suis rassurée de ne pas être la seule à être autant assaillie par mes états d’âmes, et autres questions métaphysiques. Je me retrouve dans certains de vos états d’âmes. Vous avez le courage de les écrire, et de les partager.
    Merci pour vos lumineuses pensées.
    Le handicap n’empêche pas d’être une belle personne bien heureusement. Certaines personnes sont « handicapées » du cœur et pauvres intérieurement.
    Votre parcours a fait mentir les pronostics défavorables à la naissance, et maintenant vous voilà en Corée, quel courage d’avoir bousculé ainsi votre zone de confort et vos repères. Vous êtes épatant .

    Bien à vous

  8. Bonjour,

    J’ai enterré en Février mon papa décédé d’un cancer à l’âge de 63 ans après 4 mois de maladie. Et 1 mois et demi après j’ai accouché d’un petit garçon. J’ai ressentie de la révolte, de la colère, de la jalousie… bref que des sentiments négatifs et destructeurs.

    Ensuite j’ai lu votre livre « vivre sans pourquoi » (suite à votre passage à la grande librairie). Depuis je m’efforce de vivre l’instant présent, profitez de ma famille, chassez ce qui peut être vécu comme une contrariété et tenter d’être positive.

    Cette phrase d’Etty Hillesum est très vraie et m’ouvre les yeux sur le fait que malheureusement le chagrin que j’ai d’autre le porte et le porteront…

    Nathalie

  9. Merci Alexandre. J’ai récemment lu dans l’Illustré vos « 20 conseils philosophiques ». J’en ai fait une copie et l’ai collé dans mon agenda. Comme ca, chaque matin, au bureau, je relis ces 20 conseils, et ca me fait du bien! Vous êtes juste quelqu’un de bien, de très bien. Vous lire, vous regarder à la télévision, fait juste du bien, tant vous êtes généreux et dans le vrai, dans la simplicité. Merci!

  10. Cela me rappelle ma phrase fétiche de l’apôtre Paul: »soyez toujours joyeux, priez sans cesse et rendez grâces en toutes choses »
    Je suis une très vieille dame de 93 ans,perclue d’arthrose et dont le coeur est à bout de souffle.Tous les jours, j’ai pris l’habitude de me rappeler tous les petits plaisirs qui me restent encore, tous les petits endroits qui ne me font pas mal dans ce corps endolori , la chance d’avoir de gentils voisins et enfants affectueux.Je ris toute seule quand je m’entends penser: « tiens, cette épaule va mieux: cela va me permettre de masser l’autre qui va mal ce jour » ou: « quelle douloureuse crise à la main gauche !!heureusement mes genoux me laissent tranquille »..et ainsi va la vie avec des actions de grâce et non des rouspétance et de la mauvaise humeur. Et je me fais bien des amis qui commencent à rire dès qu’ils me voient; Cela devient habituel et sans efforts …et pour vous aussi ,Alexandre-si courageux et désireux de vous en sortir- vous finirez par accepter pour ne pas vous octroyer double peine.je vous embrasse

  11. Alexandre, bonsoir
    Chaque soir je passe quelques minutes avec votre sagesse. Je vous écoute, je vous lis et je me sens regonflée d’une énergie positive qui m’aide à passer des jours difficiles. J’essaie chaque jour de faire une bonne action et d’accueillir les instants de joie que la vie m’apporte. Je n’en suis pas à ne retenir que cela mais au moins à ne pas laisser passer ces petits cadeaux. Je voulais vous dire aussi que je ris beaucoup à vous entendre. Vous avez un humour ravageur, preuve que l’on dire des choses infiniment profondes sans se prendre au sérieux. Bref, vous me faites du bien. N’est ce pas le but d’une pharmacopée ? J’espère un jour vous écouter en vrai lors d’une conférence. Je vais demain soir écouter John Kabat-Zinn que vous connaissez sans doute. Je m’en réjouis d’avance (même s’il faut vivre le moment présent, je ne suis pas encore au top). Merci de m’avoir lue. Prenez soin de vous.

  12. Bonjour Alexandre,
    J’aimerais juste vous dire, si vous le permettez que vous êtes un Ami pour moi.
    Je crois en la vertu salvatrice des livres et tous les vôtres m’ont tant apporté dans cette vie.
    Pour traverser les épreuves, j’écoute votre voix du Petit traité de l’Abandon ou du Vivre sans pourquoi et cela m’apaise.
    Un grand merci au grand philosophe et ami que vous êtes.

  13. salut alexandre, ici l’aubepine fleurit, perles de pluies dans la vallee, arc en ciel dans notre vie, je descends aux champs faire la clôture avec mon ami Bernard, les vaches seront bien gardées…… en toute liberté nous tenterons de nous accrocher à rien non plus, seulement être avec……bonne journée à toi

  14. Merci, Madame, pour ce délicieux rappel que vous nous faites sur la façon de se comporter en vieillissant. Quoiqu ‘expérimentée et ce depuis mon plus jeune âge ( ah ! les mérites des malformations congénitales des hanches ) en matière de diverses douleurs physiques, je n’avais jamais pensée à me réjouir de ce qui fonctionnait chaque matin dans mon corps; que vous vous réjouissiez de ce qu’une épaule vous permette de masser l’autre épaule a fait ma joie, et je vous promets de prendre cette voie, désormais.
    Ne pas se plaindre mais néanmoins être capable de répondre à la question comment vas-tu ? Dire… et choisir aussi de se plaindre un peu pour faire plaisir à ceux qui ne pourraient pas supporter d’être ‘diminués’, car cela les angoisse trop. Mais alors, garder son petit sourire, et terminer par une pirouette d’humour. La force morale et la pensée positive ne plaisent pas à tous…
    Si ce mail vous arrive, sachez que je me réjouis que la modernité m’ait permis de vous croiser.
    Très douce journée, ensoleillée de l’affection des vôtres.
    MJT

  15. merci Alexandre, d’être là, de nous entourer de votre amour et de votre bienveillance . A mon tour de vous dire que je vous aime .

  16. Bonjour Alexandre,
    Je vous avais rencontré au début des années 2000 à travers vos deux premiers livres.
    Je ne me souviens pas comment nos routes s’étaient croisées mais j’en étais restée éblouie … Puis je vous ai perdu de vue …
    Et l’autre jour en entrant dans une librairie pour chercher le dernier livre de Michel Onfray, vous étiez là avec votre regard profond et votre sourire joyeux juste à coté de Michel Onfray !
    C’est vous que j’ai invité chez moi !
    Même si Michel Onfray ne perd rien pour attendre …
    Nouvel émerveillement !
    La manière dont vous mettez en mots votre chaos intérieur et vos contradictions les plus intimes – mais aussi NOTRE chaos intérieur et NOS contradictions le plus intimes – est un véritable tour de force. Rendre ainsi lisible ce qui nous traverse et nous agite est très aidant ! Se reconnaître dans ce que vous écrivez nous relie les uns aux autres « comme des coéquipiers embarqués sur la même embarcation, voire sur la même galère. »
    La Vie nous met en lien de mystérieuse façon. Je venais de terminer le livre de Thich Nhat Hanh sur la colère qu’une amie m’avait envoyé après que je lui aie confié mon désarroi devant ces quintes qui m’éloignent tellement de moi-même et des autres, lorsque le hasard nous remis en présence !
    Vos livres se présentaient comme une autre source de réflexion et de nouveaux outils pour mon chantier de libération intérieure. Je les ai reçus comme une grâce.
    De foi chrétienne, vos deux derniers livres sont aussi une découverte de cette subtile conjugaison du christianisme et du zen.
    MERCI d’être parfois un coéquipier et parfois un phare dans la brume.
    Que la Joie vous habite.
    A bientôt 😉

  17. « Danser avec le tragique de l’existence, ne pas être aigri par ce qui nous accable, voila ce que nous apporte la vie spirituelle. Mais ce n’est pas toujours facile et à l’instar de la résilience de Boris Cyrulnik, cette vie spirituelle n’est-elle pas à réinventer régulièrement ?

    1. Vous savez, Nicolas, ne serait-ce que pour parler de la sphère matérielle, nous n’avons même pas inventé une seule de nos cellules…
      Alors parler de ré-inventer la spiritualité, que personne ne voit, personne ne touche et que très très très peu d’entre nous approchent réellement….
      Pensez-vous vraiment que l’esprit est l’invention de l’être humain et que ce dernier est en capacité de l’inventer une fois, deux fois, trois fois?…
      Et si déjà, avant de ré-inventer quoi que ce soit, nous pouvions admettre que nous n’avons RIEN inventé?…
      Ce serait un bon début, non?

      Madame P.

  18. j’ai découvert etty – il y a un an deja – et j’avou que je me suis senti en résonnance avec cette femme qui vécu pendant la guerre – souvent j’assimile le statut d personne handicapé à ce temps de guerre, où les gens n’osaient rien dire et je trouve cette situation terrifiante – en sont temps, alors que tout parait bien bo – mais j’observe l’extraordinaire potentiel, aussi des personnes handicapée ( handi capable lol : ) et même si je suis sensible – je continu à aller de l’avant, avec d’autre qui me propose un regard partagée des situations …Oui merci pour ce rappel de cette auteure – : ) bonne journée Marc

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