Pharmacopée n°5

Chaque jour, je tente une heure durant de pratiquer la méditation zen ou quelque chose qui s’en rapproche. Pour marquer le coup, je donne trois coups dans mon gong : au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit et me voilà ramené à l’essentiel, au fond du fond où je tente de savourer la paix qui règne malgré toute l’agitation du quotidien. Depuis peu, un ami ébéniste m’a confectionné un maillet magnifique. Fait de buis, il porte mes initiales. Au-dessus, sont gravés une croix et le P de pax.

Chaque jour, me voici à frapper six coups. Alors que je me couche en méditation, pour me dépouiller, pour retrouver la nature de Bouddha, comme on dit en Orient, mes pensées se fixent aujourd’hui sur le maillet. Il va s’user. Je n’aurais plus la chance d’avoir ce beau son pour inaugurer chacune de mes sessions. Pour conjurer l’inquiétude, j’écris un mail à mon ami et voilà ce qu’il vient de me répondre : « N’hésite pas à te servir de ce maillet, détaches-toi de l’usure que tu pourrais lui provoquer, le son différent qui en résulterait ne serait que la preuve auditive du chemin parcouru dans ta méditation, et donc de ta volonté toujours plus grande d’être en accord, en communion avec la nature de Bouddha, toujours plus proche des autres, toujours plus à l’écoute de ton prochain, toujours plus rempli d’amour altruiste et de fraternité, cette usure serait donc une bonne chose pour l’humanité entière. Alors sers-toi de ce maillet, s’il te plait. »

Après ce bon message, la peur m’a quitté et une confiance est née. Non, le temps n’est pas qu’usure. Son œuvre n’est pas forcément délétère. Chaque jour la vie peut progresser. Merci Frédéric !

25 Comments on “Pharmacopée n°5”

  1. Depuis 1ère fois où je vous ai vu et écouté :senssas,extra!Mon 1er long mail s’est échappé…pas grave,pr ventre plat :exercices PHYSIQUES je pense, mais y pas qu’ça…!!!Bye!

  2. Bonsoir à vous,

    Je souris en vous lisant, merci pour ce moment de joie que vous m’avez apporté. Votre ami a des bonnes paroles et si tout le monde faisait cet effort des trois gong il y aurait plus de paix, de sérénité, de respect de l’autre …
    Merci à vous, je vous souhaite une excellente soirée en famille et de reposantes méditations…

  3. me revoici. Ce qui me passionne, c’est la manière de persévérer malgré la rechute, car elle est inéluctable. Garder cette foi en la possibilité du « mieux ». Et j’y crois…

  4. .
    La nuit quand je me réveille, je récite une méditation. Je parle dans ma tête. Et ces paroles sont des mots que je pose sur un espace temps disponible, des mots que je dépose sur du vide, du rien, sur une absence, sur une friche. Bien sûr je prépare un peu le terrain, je ratisse et élimine les idées qui traînent, je creuse un peu pour les fondations, et je dépose là une phrase plus ou moins apprise par cœur et qui va occuper tout le champ de ma conscience. Après cette phrase, j’en déposerai une autre, et encore une autre, et à la fin je recommencerai tout depuis le début, jusqu’à ce que le sommeil me fauche et me transporte inconscient dans un monde virtuel où je vivrai intensément, mais sans savoir que je rêve.

  5. Grace à l’interview publiée dans Psychologie de sept.
    j ai enfin mis des mots sur le ressenti, le désespoir que je connaissais depuis que la mucoviscidose a emporté ma fille de 20 ans en 2002
    8 ans après , les mots de Alexandre Jollien m’ont ouvert l’esprit
    je vais bien ……

  6. après avoir lu schopenhauer et évoqué le renoncement , nous pouvons évoquer « donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien  » qui est au bout du renoncement l’appel à un don , à une complicité bienveillante , en qulque soret à un non-renoncement . Dans vos livres je sens ce dépassement , la philosophie est muette , mais on peut toujours parler , prendre le dessus .

  7. J’ose à peine venir parler … Je suis intimidée …
    Mais vous m’avez inspirée et j’aime à croire que vous prendrez le temps de venir lire mes élucubrations … Merci à vous pour m’avoir donné à méditer. Merci.

  8. Merci pour ce moment de « joie »! Vos lectures sont un réel instant de vie. Alors je n’ai qu’une chose à dire Vivre aujourd’hui, sans se soucier d’hier ni de demain. MERCI

  9. Bonjour Alexandre,

    Connaissez-vous ce conte tibétain ?

    Pour remplir un pot avec des galets de différentes tailles, vous pouvez d’abord placer les petits, puis les moyens. Mais il ne restera pas de place hélas pour l’essentiel, les gros galets, ça déborde!

    Une autre solution : vous plaçez d’abord les gros galets, puis les moyens et il restera encore de la place pour les gros : l’essentiel.

    Je le trouvais très beau ce conte tibétain mais je me suis rendue compte qu’il portait aussi à confusion.

    L’essentiel ce n’est pas ce qui est important, ce qui est prioritaire. Car en ce cas, ce qui est prioritaire pour vous, ne l’est pas forcémment pour moi.

    Dans l' »Esprit Guide » Karlfried Dürckheim nous permet de véritablement ressentir ce qu’est l’essentiel. L »essentiel ce n’est pas le prioritaire. C’est ce qui n’est pas existentiel, qui ne dépend pas du temps ou de l’espace, ce qui nous relie à notre profondeur et à celle de ceux qui nous entourent.

    Un jour, j’ai écrit à un philosophe célèbre et il m’a répondu : je vous réponds brièvement, excusez-moi, je reçois tellement de courrier ».

    Alors je lui ai répondu à mon tour en mantra d’adieu : « i l faut croire encore dans le mystère de toute rencontre humaine ».

    Un jour, un psychiatre m’a envoyé un mail et il me disant : excusez-moi, je suis débordé, je croule sous les messages, je ne peux vous répondre à chaque fois.

    Et vous, comment faites-vous pour faire comprendre aux personnes qu’il ne faut pas trop qu’elles vous écrivent ou qu’il ne faut surtout pas qu’elles attendent quelque chose de vous
    .
    En leur répondant ?

    1. Vous ne faites pas partie de l’essentiel
    2. Je suis débordé.
    3. Je reçois tellement de courrier.

    Si aucune des réponse ne vous convient, choisissez selon votre liberté entre le silence et les mots.

    Cordialement,

    Pénélope.

    1. Bonjour, un immense merci pour cette belle parabole à l’heure même où je suis débordé par la promotion du livre. J’avoue que je suis émerveillé par la moisson que je récolte dans cette rubrique des Pharmacopées et je voulais vous remercier, tous, très sincèrement. Vos messages me touchent énormément.

    2. Salut Penelope comme Alexandre n’a pas le temps de te répondre je vais le faire pour toi.
      D’emblée une question, cherche-tu à savoir ou à montrer ce que tu sais?
      Si tu cherche à savoir ce que tu es convaincue de savoir, inutile de chercher car tu pense l’avoir déjà trouvé et si tu pense l’avoir trouvé tu ne le trouvera pas.
      Dans le cas contraire pose la question avec humilité si ta souffrance le permet.
      Le jeu de mots entre le prioritaire et l’essentiel ne sont que un exercice de style et l’étalage de ce que tu pense savoir utile à rechercher l’essentiel, ne font que confondre ton interlocuteur sur ce que tu cherche.
      Cependant si tes pas t’ont conduite ici c’est que tu cherche autre chose que ce que tu pense savoir, à toi de le verbaliser avec des mots simples.
      Lorsque un patient se rend chez un psy que fait-il avant tout?
      Il démontre son savoir pour que le psy lui dise; ce que tu sais n’est pas bon, faute de quoi tu ne viendrait pas me voir.
      De fait, si le psy est bon il va comprendre que ton problème est un manque d’estime qui te fait souffrir et que tu cherche à apprendre comment faire pour mieux t’aimer, n’est pas?
      Si tu pose la bonne question tu trouvera plus facilement la bonne réponse, je te conseille une bonne lecture;.S’aider soi même, de Lucien Auger- Edition L’homme.
      Bonne courage

      1. Bonjour Guiseppe,

        je n’ai hélas pas le temps de vous répondre. Je croule sous les messages et les divers projets culturels et scientifiques que j’ai en charge. Autrement dit « je suis débordée ».

        Veuillez m’en excuser.

        Cordialement,

        Pénélope.

  10. Oups désolée, il fallait lire pour la fin du conte : « et il restera encore de la place pour les petits »…

    Il est petit le carré pour écrire sur votre blog, mais je vais m’habituer!

    Bon we à tous.

  11. Alexandre,
    Le son de votre gong m’est parvenu au travers de votre article publié dans Psychologie trouvé hier chez mon orthophoniste au Mans.

    J’y ai suivi votre chemin parcouru depuis l’expression de votre désir de travailler sur les passions.

  12. Dépouillé par mon séjour dans le coma profond de 5 semaines, je continue à me rapproprier moi-même à moi-même. Exercice rare et passionnant.qui prend tout mon temps.

  13. Merci
    Merci à la vie de permettre des rencontres. Le maillet de mon frère sonne de mieux en mieux, le son qu’il émet me transporte de plus en plus… et je pense que vous n’en êtes pas étranger.
    Alors merci pour lui et pour nous tous

  14. Il ne suffit pas de savoir pour être. Je résumerai ma quête philosophique et spirituelle par cette phrase. Beaucoup de lectures, depuis longtemps et quelques progrès seulement, le tout s’apparentant à une longue préparation à…je ne sais pas trop quoi en fait.

    Parfois, je me dis, laissons la philosophie de coté, et vivons simplement cette vie solaire dont parle Camus.

    Bref, soyons le jardinier qui jardine sans se soucier du résultat, comme vous le dites si justement dans votre dernier livre.

    Vous livres nous renvoient à nos difficultés d’être ici et maintenant.

    On peut multiplier les boites à outils. Il ne suffit pas d’avoir un marteau pour savoir planter un clou. Il faut s’exercer patiemment et finalement continument.

    Merci pour cette leçon de vie .

  15. Ce que vous appelez  » gong « , est ce un bol du Thibet, sur la photo ?
    Sur votre moteur de recherche, partez à la découverte de ces  » bols chantants  » !

  16. Le Père, le fils et le Saint-Esprit ? Vous allez peiner votre ami Michel ONFRAY. Je ne sais si vous êtes croyant je me le demandais justement. Simple question.
    Je souris en retrouvant ce qui me semble être un trait de votre caractère, un certain attachement à de « beaux objets », tel ce maillet qu’on imagine d’un bois magnifique… Je me rappelle aussi ce sifflet de votre jeunesse dans lequel vous siffliez à tue-tête avant de craindre d’avoir contracté le sida. J’en ris encore. Naturellement cet objet, le maillet veux je dire, a une dimension affective, il a été fabriqué pour vous, il est beau… Mais votre ami à bien répondu, si vous aimez ce maillet il faut le respecter et en faire bon usage, comme pour nos enfants si on les aime il faut les aider à partir.

  17. Bonjour,
    Je vous ai découvert hier soir, lors d’une émission. Je suis depuis le mois de septembre dans ma propre rencontre à travers une formation, dans l’aide à la personne en souffrance. Dans cette pratique : la sagesse, l’amour inconditionnel et la compassion, fait partie de cette formation. En lisant le message de votre ami et votre ressenti. Je trouve et, retrouve la sérénité qui c’était cachée à cause des aléas de la vie. Bonne et belle continuation aussi sur votre projet de retraite en Corée. Avec beaucoup de sérénité. HON SHA ZE SHONEN.
    Sylvie.

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