Pharmacopée n°4

Je viens d’entendre ce proverbe zen : « Rien ne sert de tirer sur un brin d’herbe pour le faire pousser… »

Devant nos travers, face à la rémanence des passions, nous voulons peut-être arracher une fois pour toutes les mauvaises herbes. De même, par souffrance, tentation est grande de vouloir accélérer les choses, provoquer le destin. A l’égard d’autrui, c’est pareil ! Celui que nous ne trouvons pas assez affectueux, nous le pressons de l’être. Le colérique nous trouve impatient et c’est nous qui nous mettons bientôt en colère. Ne pas tirer sur un brin d’herbe pour le faire pousser, c’est peut-être respecter sans passivité le rythme propre de chaque chose et tout mettre en œuvre pour profiter de chaque occasion et savourer la vie à chaque étape.

34 Comments on “Pharmacopée n°4”

  1. Je découvre aujourd’hui qu’un philosophe romand s’immerge dans le zen à travers zazen, cela me réjouit pour ma propre pratique et donc pour le bien être de toutes les personnes que vous avez la possibilité de toucher

  2. Bonjour,
    Tout d’abord merci pour votre blog attractif avec dernièrement cette nouvelle présentation fort réussie.
    Merci également pour votre dernier livre que je termine actuellement. Fait du hasard ou circonstance de la vie, je l’ai découvert alors que je vivais une passion qui me perturbait dans mon fort intérieur et votre livre m’a beaucoup apporté. Cette introspection que vous nous avez livré est riche et force le respect .
    Ce proverbe zen fait écho en moi, il est tout à fait juste et à méditer pour essayer de le mettre en pratique, voir ce le remémorer lorsque la passion nous ennivre.
    C’est avec cette joie que vous nous transmetter que je vous lis.
    Je vous souhaite une bonne soirée.

  3. La pratique de la philosophie et du zen au quotidien m’enchante mais demande parfois un effort redoutable. Quand tout me divertit de l’essentiel et quand les petits tracas du quotidien semblent m’accabler. La moisson de vos bons messages me réjouit. Nous formons comme une communauté de pratiquants et c’est magnifique !

    Vos mots redoublent ma volonté de continuer, d’approfondir et de me laisser nourrir par la vie.

    MERCI
    Alexandre

  4. Je ne peux m’empêcher de vous envoyer un message. Tandis que récemment je sombrais lentement dans la dépression, votre livre est arrivé à point nommé dans ma vie et m’a fait voir autre chose que le gouffre qui me fascinait. La joie arrachée, désirée, et tout le reste.
    Merci. Vous êtes un magicien de l’âme…

    1. Bonsoir Isabelle,

      C’est faire preuve de force que de s’accrocher à tout ce qui peut vous faire joie dans votre épreuve, je vous en souhaite encore …
      Je vous souhaite des jours de lumière

  5. Moi qui aies parfois du mal à maitriser mes pulsions, qui aimerait bien que l’herbe pousse dru toute seule, j’ai toujours plaisir à vous lire car vous explorez des pistes de réflexion passionnantes. J’apprends progressivement à m’abandonner, comme ces moines du film « des dieux et des hommes ».

  6. Toutes les épreuves de « vie » sont proportionnées au psychisme de l’ individu.
    La destinée de tout êtres est gravée depuis notre naissance ; les trois lignes principales et fondamentale de l’ Homme, de votre main gauche vous « oriente » vers votre Avenir.
    Avec ma grande reconnaissance.

  7. Bonsoir,
    Connaissez-vous Svâmi Prajnânpad ?
    André Comte-Sponville dit de lui : « C’est l’un des plus grand maître spirituel que je connaisse ».
    Peut-être pourrait-il vous accompagner utilement !

  8. « D’un pommier planté en Janvier on ne pourra récolter les pommes qu’en Septembre ».
    Laisser la vie nous amener les solutions , c’est laisser faire l’aléatoire , ne pas essayer de mettre de l’ordre dans le chaos au risque de créer plus de désordre.
    La loi de Parrondo est claire : plus on fait confiance au hasard et plus on « gagne ».
    Alors , Dieu joue-t-il aux dés ?

  9. 2- la sagesse de l’enfant
    Les enfants sont dépendants de leur tuteur, sans lui, ils ne peuvent pas survivre. Au niveau de la sagesse, cela se traduit par une dépendance envers une sagesse infaillible. Cette sagesse ne peut être trouvée dans l’être humain, il faut se tourner vers le seul qui soit infaillible : Dieu.

    On trouve cette définition de la sagesse dans le Nouveau dictionnaire Biblique qui dit : « La sagesse, elle s’efforce, par l’observation, l’expérience, la réflexion de parvenir à connaître les hommes et Dieu… La sagesse, expression du bon sens humain, est aussi un don de Dieu. Elle implique une crainte de l’Éternel et l’obéissance à ses commandements.» La différence évidente entre la sagesse que le monde offre et celle que la Bible offre, est marquée par son appartenance à Dieu. Elle est un don qui nous est offert par notre Père céleste. C’est pour cela que Jésus veut que nous soyons comme des enfants. Pour découvrir le royaume des cieux nous devons leur ressembler, non pour leurs qualités, mais pour leur dépendance. Notre sagesse ne peut survivre sans Dieu, nous devons être dépendants de son enseignement, de sa présence et de son aide afin de développer notre réflexion. Il ne faut pas que notre sagesse soit due à nos propres efforts, mais qu’elle nous soit donnée par Dieu. La vrai Sagesse vient d’en haut. Mais elle doit aussi donner naissance à l’excellence intellectuelle, à la réflexion comme le montre Proverbes 4.7: connaitre dieu .com

    1. Votre propos religieux en tant que référence biblique me gène énormément.
      Le dogmatisme pour moi n »est qu »un frein à notre propre évolution et je n »ai pas besoin d »un « tuteur » quel qu’il soit et encore moins que ce dernier m’impose crainte et obéissance.
      Quant à ma dépendance envers « une sagesse infaillible » , « un don du père céleste » , permettez moi de vous dire que ces mots ont le don de me faire bondir ! « Appartenance à Dieu  » !
      A la vie oui , puisque nous sommes tous une partie de la création et de l’univers.
      « Jésus a dit… » , « Jésus veut que… » Au secours!!!
      Dieu n’a pas fait l’homme à son image , c’est l’homme qui a fait Dieu à la sienne pour controler les miasmes de ses peurs en s’enfermant dans des égrégors qui le rassurent .
      Comme il est préférable et confortable de s’en référer à une « Sagesse infaillible céleste » plutot que de s’impliquer dans « Etre » !
      Franchement , je vous plains …
      Pourquoi n’iriez vous pas prècher ailleurs ? Je suis sur qu’il existe pleins de sites pour cela, mais honnètement , je ne pense pas qu’ici on soit sur la mème longueur d’onde…théo…logique.

      1. je ne voulais surtout pas offensé personne .je ne suis pas tres doué avec internet et je me suis completement trompé de site .je comprend tout a fait que sa soit mal venu . et m’excuse .comment puis je me retirer du site .merci de votre reponse

    2. Chère Maguy,

      Je respecte votre intervention.En revanche je m’autoriserai un petit commentaire: si j’étais Dieu ( rassurez vous ce n’est pas le cas) je préfèrerais être aimée par des êtres qui savent pourquoi ils m’aiment plutôt que par des individus qui me craignent et s’interdisent la plus petite reflexion personnelle.Il y a un grand bonheur à tenter chaque jour de penser sa vie , à essayer de maîtriser nos passions tristes et cette existence qui est la mienne, je refuse d’en déléguer les pouvoirs à quelqu’un d’autre.

    3. Chère Maguy,

      Vous ne devez pas quitter ce site même si certaines réactions vous ont troublé. Un jour sur le quai d’une gare un homme m’interroge sur le livre que je lis, un livre de ONFRAY je crois. Je lui fais un résumé minute. Il m’explique que sa vie est centrée sur le christianisme. Je m’abstiens pour ne pas le peiner de lui expliquer à quel point j’ai un jugement négatif sur le christianisme que j’estime avoir été une sorte de malheur dont l’Occident pouvait se passer. A quoi bon chagriner ce brave homme. D’autant qu’il m’explique qu’en général il ne parle à personne de sa foi parce que soit l’autre a la foi ou pas et dans les deux cas le dialogue, aussi aimable soit-il, est sans issue. En effet. Pour ma part, comme Voltaire, je n’ai aucun respect pour les grandes religions du Livre que je tiens pour des institutions d’oppression, des femmes notamment, et de castration. Ainsi je manque de « respect » aux « grandes » religions (je n’inclus pas le bouddhisme), mais comme Voltaire je me ferais tuer sur place plutôt que de faire le moindre mal à un croyant ou l’empêcher de s’exprimer. Si un croyant exprime sa foi en public ou entame une discussion, alors seulement je vais donner mon opinion cela s’appelle un échange d’opinions.
      Pour finir mon histoire de train, sur le quai une jeune fille nous écoute et soudain intervient en assénant des citations bibliques. Le trio monte dans le train. La jeune fille « m’attaque », le croyant discret me défend, une quatrième personne entre dans la discussion et en un rien de temps le wagon a été transformé en atelier philosophique improvisé. Fantastique non ? J’ai même eu droit a deux jeunes filles qui se sont mis à raconter leurs déboires amoureux. L’une disait « C’est ma faute j’ai voulu choisir le plus beau mec et voilà le résultat »…
      Il n’y a pas de « respect » à avoir pour les opinions, mais toujours à avoir du respect pour les individus. Voilà pourquoi chère Maguy je vais vous répondre que la sagesse doit être trouvée dans l’être humain et non en Dieu. Comme dit Spinoza il faut aimer Dieu même s’il ne nous aime pas en retour. Sauf que pour Spinoza Dieu c’est en fait la Nature éternelle et infinie. Et indifférente à nos sorts individuels.

  10. Etre philosophe, c’est respecter la parole de l’autre … ici la parole doit être LIBRE … pourquoi vouloir éjecter (ou gommer) colombe ???
    « je vous plains » quel jugement ! shame on you !

    1. « Shame on you » ? Qui parle de jugement ?
      Je ne voulais en aucun cas juger Maguy sur quoi que soit et je respecte complètement son idéologie , je posais juste la question de savoir si son discours était en phase avec une liberté de l’individu ou dicté par le dogme religieux ?

      1. <> Voltaire
        Au secours!!! Je vous plains…quel mépris pour Colombe, quel sentiment de supériorité vis à vis de cette femme.
        Je ne pense pas qu’ici ON soit….parlez en votre nom Monsieur Savarino, à moins bien sûr que vous ne parliez de vous à la troisième personne .
        Il me semble que ce site a été créé par un homme qui ne se serait certainement pas permis de dire à Colombe:<>

        1. A propos de Voltaire il fallait lire :
          Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire.
          A propos du créateur du site:
          Pourquoi n’iriez vous pas prêcher ailleurs ?

          1. @ Catherine Creig : pourquoi voulez vous que l’auteur du site aille prêcher ailleurs ??? c’est le sien non ?

          2. je disais à Monsieur Savarino que le créateur du site , Monsieur Jollien, ne se serait pas permis de dire à Colombe <>

  11. Mon corps fonctionne mais mon esprit n’en est pas pour autant en paix !
    Zazen est la voie directe ! je le sais et pourtant je n’arrive pas à la suivre… combien j’ai honte d’être si faible

  12. C’est vrai : quand on dit à quelqu’un « je te plains », c’est pas un jugement … mais oui, mais oui !
    Alexandre parle de Dieu dans son ouvrage … Allez-vous dire aussi « je vous plains d’être handicapé » ???

  13. Depuis que j’ai découvert le zen, je me suis replongé dans les Evangiles qui me nourrissent profondément. Mais je serais le dernier à dire que la religion chrétienne est supérieure à d’autres. Je pense que, sans tout mélanger, toutes les voies qui conduisent à l’intériorité ne peuvent que rapprocher les hommes. Quand je souffrais beaucoup, l’Evangile ne me parlait pas du tout et la philosophie m’a plus aidé. Je suis triste quand la religion est évoquée pour créer des barrières d’où la joie de voir tous vos messages. Merci à tous.

    1. Cher Alexandre,
      Lorsqu’on suit la pensée d’un philosophe comme vous on cherche à cerner votre « méthode », vos lignes directrices et on se situe par rapport à vous, non dans un esprit de contradiction ou de concurrence mais dans l’idée d’alimenter son propre dialogue intérieur. J’avais donc noté votre relatif éclectisme philosophique, votre intérêt pour toutes les voies conduisant à la joie. Vous êtes assez éclectique en effet même si vous êtes plutôt centré sur la sagesse grecque et le bouddhisme semble-t-il. Il ne s’agit pas pour moi de vous « classer » coûte que coûte mais plutôt de cerner au mieux votre pensée pour mieux la comprendre pour mieux me situer. Vous dites ici clairement qu la Bible aux heures de souffrances ne vous aidait guère. En effet la philosophie est bien plus puissante surtout si vous n’êtes pas animé profondément par une foi religieuse. Après on peut lire la Bible, j’ai lu l’Ecclésiaste récemment c’est étonnant bien qu’écrit par plusieurs mains visiblement… Très beau, très poétique. Je le disais plus haut on peut émetttre toute opinion dans les lieux de discussion et ce lieu est un lieu de discussion. Je vais en profiter pour dire que les religions du Livre partent d’une révélation, d’une révélation de la vérité divine, et fondamentalement ces religions estiment que toute autre vision est… erronée. Ce qui n’est pas du tout le cas du bouddhisme. Le bouddhisme a, à mes yeux, d’autres défauts, mais aussi de grandes qualités.

  14. Alexandre, quel bonheur de découvrir votre densité et votre puissance mentale. Vos écrits sont source d’inspiration et de reflexion ils me nourissent et font écho à mon âme.

  15. il y a un temps pour tout. Au rythme des saisons avec leurs valeurs inestimables..
    il y a des saisons de lâme avec introspection, puis germination, et s’élever afin que les récoltes soient fructueuses..chaque sason délivre son message. Laisser pousser le brin d’herbe à son rythme et l’amour se glane.

  16. L’impatience, c’est vouloir fuir le présent, et ce car le présent est souvent tragique: j’ai le sentiment que l’adhésion au réel, a l’instant présent, c’est se mettre a nu de toutes nos illusions, et cela peut être presque insupportable, bien que ce soit ce que l’on appelle la joie: la joie peut être douloureuse ?

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