Pharmacopée n°39

Dans le bouddhisme existe une notion qui me convertit à chaque instant : « upaya ». L’upaya désigne le moyen habile. Le bodhisattva qui souhaite libérer un être peut, et c’est là son génie, choisir le bon upaya qui va clarifier l’esprit de son élève, le délivrer de toutes entraves.

Avec cette notion en tête, j’embrasse l’existence différemment. Chaque matin, du moins dans mes meilleures heures, je prends la vie comme un moyen habile. Tel regard méfiant dans la rue, je le considère comme une occasion de me libérer du poids du jugement d’autrui. J’égare un objet. C’est l’occasion rêvée ou presque de pratiquer la patience. La patience, justement, je crois que si je la possédais vraiment, elle vaudrait mieux que dix mille trésors. Pour l’instant, pour me rapprocher d’elle, je considère chaque aventure, chaque mésaventure du quotidien comme un moyen habile que me donne l’existence pour progresser.

17 Comments on “Pharmacopée n°39”

  1. Bonjour,
    Je me « nourris» chaque jour, depuis novembre dernier, de votre pharmacopée, et je sais que j’ai encore un bon bout de chemin à parcourir vers la sagesse. Et parmi, tout ce que votre « Petit traité de l’abandon » nous offre pour progresser, voilà bien le point le plus faible en moi dans ma progression : comment faire face aux moqueries de certains qui ont, le plus souvent, le don d’annihiler tout le chemin que je viens de parcourir ce jour-là (et pendant quelques jours) vers l’amour ? Laisser passer sans y prêter attention, faire un trait d’humour approprié, ou bien faire taire mon ego ?…
    Bien amicalement

    1. Puisque Alexandre est trop occupé, voici ma réponse Ben;
      – ce ne sont pas les autres qui nous troublent mais nos propres idées (Epictète), si tu comprend et intègre cette maxime, ton problème va être définitivement résolu.
      salut
      Slim

      1. Merci pour ce sage conseil amical, j’espère pouvoir l’intégrer un jour prochain, j’avoue que j’ai encore un peu de mal à ne pas voir du tout de « responsabilité » et de mauvaise intention perturbatrice des autres dans le trouble ressenti…

        1. En faîte, je pense que le problème vient du fait d’apporter trop d’importance aux regards des autres
          Ces gens qui se moquent de vous ne vous connaissent surement pas et même si ils vous connaissaient ils se basent sur leurs propres échelles de valeur, qui n’est certainement pas la votre (du moins je l’espère pour vous).
          Du coup quelles importances ce qu’ils peuvent penser. Personnes différentes, manières de penser différentes, en quoi leur jugement pourrait avoir la moindre valeur.

          1. En fait, puisque fait il y a, tout le monde sait que;
            – quoi qu’il fasse ou dise l’être humain ne fait que chercher son propre intérêt, n’est pas Alexandre?
            -de plus, l’être humain ne peut faire qu’une chose à la fois, son intérêt,
            – donc, comment pourrait-il faire l’intérêt de l’autre ou son contraire?
            slim

          2. Bonjour,
            Je ne crois pas que l’homme soit mû uniquement par l’intérêt. La dimension compassionnelle existe. C’est un enfant en danger que l’on va chercher à sauver même s’il nous en coute notre vie.
            Quant au regard des autres, il y a ce que l’on y projete et notre interprétation est souvent abusive. Soyons prudents ! Notre imagination est parfois une ennemie.
            Il reste que sur ce difficile chemin qu’est l’amour de la sagesse, nous boitons tous, regressons souvent et progressons parfois…Lors des tempêtes, il y a toujours des sirènes qui nous invites à sauter à l’eau. Méfions nous de ce qui nous égare.
            Amicalement
            Philippe Laisnéé

  2. Bonjour Alexandre,
    Merci de cette nouvelle pharmacopée qui nous invite à la persévérance et la patience dans notre quête du mieux vivre
    La patience, je la cultive dès le matin avec notre compagnon à quatre pattes. Il ne peut s’empêcher de venir me tenir compagnie lors de la méditation. Il me régale de bruitage en tout genre. Claquements de langues, léchages, gratouillages…Bref tout ce qu’il faut pour agacer, cependant il m’aide à élever mon seuil de tolérance et accepter ce qui est là…
    Bonne continuation Alexandre…
    PS: Benjamin si cela vous intéresse, Alexandre a rencontré Philippe Pozzo Di Borgo. Vous pouvez revoir l’émission dans laquelle ils évoquent tous les deux leurs ressentis vis à vis du regard des autres.
    Lien vers l’émission de chair et d’âme
    http://www.arte.tv/fr/de-chair-et-d-ame/7089442.html

    1. Merci de votre aide sympathique, je connaissais ce lien, mais nous n’y pouvons voir que des extraits de cette rencontre me semble-t-il, comment voir l’émission en entier ? je pense que cela intéresserait beaucoup de monde…

      1. Vous avez raison Benjamin, l’émission n’est plus accessible, apparemment le délai de reeplay est dépassé.
        J’espère que nous pourrons la revoir via un autre site.
        Une émission de radio de Frédéric Lenoir a été enregistrée sur France Culture dans « Les racines du ciel » avec comme invité Alexandre. La réécoute est encore possible
        Bien à vous

  3. Bonjour Alexandre,

    Pour ma part j’essaie de cultiver la tempérance. Vertu, qui comme un upaya, me permet de travailler ma patience. Parce que pour le coup et pour moi c’est un job avec un grand J.
    Au plaisir de continuer à suivre votre phamacopée.
    Cordialement

  4.  » posséder la patience »: la patience serait donc une possession, on est déjà mal barré… ce que l’on possède, on le perd…

  5. Simplement merci Alexandre. A travers vous je contacte à nouveau le Dharma sous un autre angle, pratique, quotidien à dose homéopathique et bien ancrée dans ma culture.

  6. Bonjour .Et si notre patience rencontrai la patience de Dieu…si mon propre intérêt et celui de l’autre étaient appelés a se rejoindre … Et si ce regard méfiant ou cette moquerie était un cadeau pour que je me regarde avec un peu plus de bienveillance sur le long et difficile chemin de l’Amour . et si ma patience rencontrai celle de Dieu.

  7. Je ne suis pas patiente, je suis même vraiment impatiente ; mais même le fait de constater son impatience avec humour, je trouve que c’est déjà un bon exercice 🙂

    Je trouve aussi ça très utile de considérer chaque évènement qui nous arrive comme un exercice ; finalement, c’est presque une occupation comme une autre sur le chemin de la vie.

    J’ai l’impression qu’on s’imagine souvent que la vie devrait être comme ceci, ou comme cela ; quand les évènements qui nous arrivent ne correspondent pas à ce que l’on voudrait, alors on a l’impression que c’est une épreuve.

    Je n’échappe pas à cette conception des choses mais néanmoins, je trouve que dans la vie, il n’y a pas plus de raison que les choses se passent comme on s’y attend que comme on ne s’y attend pas.

    C’est vrai que chacun a beaucoup d’importance pour soi même, parce qu’on vit à une toute petite échelle (la nôtre). Du coup, on croit que les choses qui nous font souffrir ne devraient pas nous arriver.

    mais finalement, même à une échelle moyenne (une grande ville par exemple), on n’est qu’un individu parmi d’autres et on est très peu important.

    c’est ni bien ni mal je crois. C’est juste chiant et pas très pratique.

    Quand je m’exerce à dépasser ce qui me dérange, je vois un peu ça comme une occasion de bien vivre malgré le fait que j’ai autant d’importance pour moi même et que j’ai une vision pré conçue de ce qui me paraît souhaitable.

  8. Merci Alexandre et à vous tous, j’ai vraiment le sentiment à travers vos réflexions et commentaires de recevoir un enseignement que j’essaie de mettre en pratique dans mon quotidien. Je suis sur le chemin et j’avance à mon rythme je n’ai pas l’esprit de compétition. J’ai lu un livre les transformations silencieuses de Francois Jullien qui nous incite à observer toutes ces modifications qui ne cessent de se produire en nous et autour de nous puisque nous sommes tous interdépendants.

  9. Bonjour et bonne fête Alexandre. Merci pour toute cette simplicité qui me permet de visiter mon intérieur avec douceur. Merci pour votre faicilité à nous parler simplement de nous à travers vous, de philosophie. Ce chemin vers l’abandon me parle bien,il y a longtemps que je l’ai commené….la joie dans le présent dans l’abandon, c’est si vrai, si simple. Je mesure à quel point la rélité est faite d’illusion et que d e travail pour avoirune autre perception. Merci Merci

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