Pharmacopée n°31

Dans le Voyageur chérubinique, Angelus Silesius dit : « Homme, si tu n’obtiens ta vertu qu’à force de travaux et de fatigues, tu ne l’as pas encore, tu luttes encore pour elle. »

J’y trouve une lumineuse invitation à pratiquer la vertu sans efforts. Trop souvent, le détachement, le lâcher-prise deviennent des exigences supplémentaires qui loin de nous enraciner dans la joie, nous rendent perpétuellement insatisfaits. Et Aristote l’explique si bien, l’homme vertueux pratique la vertu par plaisir.

Une fois de plus, il s’agit de bâtir la voie du milieu, entre une volonté hyper tendue et un laisser-aller total. La question, en définitive, reste : quel acte puis-je faire ici et maintenant pour progresser dans le bien, en douceur ?

17 Comments on “Pharmacopée n°31”

  1. Merci pour cette pharmacopée Alexandre.
    L’acte de progrès est peut être dans l’apaisement intérieur. La méditation quotidienne m’a apporté cet apaisement ce qui me permet de mieux appréhender la vie et ses turbulences. Et quand nous sommes apaisés nous apaisons également les autres. J’aime votre notion de la voie du milieu, Confucius disait « Appliquez vous en toutes choses de garder le juste milieu ». J’essaye de repenser à cette phrase quand je dérive vers un extrême…

  2. Bonjour Monsieur Jollien,
    Bonjour à toutes et tous,

    Je me permets de poursuivre la réflexion amorcée par l’idée de pratique de la vertu sans efforts.
    Peut-être, à mon sens, avec toutes les précautions d’usage que l’on peut introduire lorsque l’on fait part d’une réflexion personnelle, peut-être conviendrait-il de nuancer la notion d’effort, plutôt que de la supprimer totalement.

    L’effort en vue d’atteindre le bien, est-il toujours préjudiciable à ce que l’on s’efforce de rejoindre?

    En fait, ne s’agirait-il pas plutôt de préciser le type d’efforts à privilégier et ceux à délaisser?

    Je me souviens de la phrase de Rilke qui écrit que lorsqu’une chose est difficile, cela doit nous être une raison supplémentaire pour l’entreprendre.

    Rilke pointait le fait qu’il y a quelque chose à aller chercher dans la difficulté et la production d’efforts sur soi même…

    Maintenant, la question serait de savoir comment produire cet effort, comment en assainir sa formulation intérieure puis son exécution pratique, afin de le mettre en adéquation avec la nature même du but recherché: le Bien.

    Cette réflexion, bien sûr, peut encore être davantage élargie…

    Bonne journée à toutes et tous

    1. Je me demande s’il faut aller chercher la difficulté.je pense plutôt que, à mesure que nous avançons spirituellement, la vie nous présente -pour éprouver notre äme -bien assez d’obstacles quotidiens .A nous de choisir de nous y attaquer au lieu de nous lamenter afin de progresser dans la bonne direction jour après jour et au jour le jour.

  3. Bonjour,

    Le juste mileu, le point d’équilibre, la note juste ! Est ce du relachement qu’il faut pour l’atteindre, ou de la contraction ? Tout cela existe-t-il d’aillleurs. La vie n’est-elle pas plutôt marquée par le déséquilibre et notre recherche du maintien vaille que vaille; jamais loin de la chute, de la défaillance.
    Pour ma part, j’essaie plutôt d’avoir une éthique. Ce n’est pas vraiment source d’apaisement, pour moi. Chaque jour, je mesure mes limites, les pièges que me dresse la vie et les doutes qui m’assaillent. Il y a plusieurs chemins pour gravir la montagne. Aucun n’est facile. Amicalement à tous.

  4. Bonsoir Monsieur Jollien,

    Une amie m’a recommandé votre site ; j’y ai vu une douce lumière, alors j’ai franchi le seuil…

    À l’mage d’un fildefériste, sur le fil de l’existence, nous pourrions alterner « tension et relâchement » sur un mode de micro-impulsions éthiques ou spirituelles.

    Cordialement,

    Stéphane

  5. Je pense que l’homme vertueux pratique la vertu par plaisir parce qu’il est Amour, parce que sa Joie intérieure rayonne. Peu d’êtres en sont à ce stade. Pour moi, ma joie intérieure me porte naturellement à pratiquer le bien, cela ne demande aucun effort. Mais ce n’est pas un état constant. Parfois on a des failles. Parfois, on a besoin de s’accorder de la douceur, de la bienveillance, c’est un choix juste.
    Si mon chemin est « Grandir en humanité » ou « Aimer », la pratique de la vertu est nécessaire et elle demandera un jour ou l’autre un effort. Mettre de côté son agacement, développer la compassion, faire preuve d’abnégation parfois, cela demande de déraciner son égoïsme, ses peurs, ses aversions, son propre plaisir peut-être et donc de lâcher prise sur ses propres désirs, sa colère, son orgueil.
    Mais est-ce que le lâcher prise n’est pas une grâce ? Ou est ce le fruit d’un travail régulier sur la conscience, le présent ?
    Merci pour vos témoignages dans vos livres, et interviews.

    1. Bonjour,
      J’ai toujours une méfiance face à la notion de bien, de justice, de liberté. Il s’agit, pour moi, d’idéaux philosophiques voire religieux, donc par définition inaccessibles et indéfinissables. C’est de la métaphysique. Ils ont leur pertinence juridque, mais rappelons nous que leur application par le juge nécessite toujours une adaptation in concreto.
      Bien souvent, la sagesse est décrite comme l’élision de nos émotions. C’est l’ataraxie, l’absence de trouble. Ainsi de la colère fustigée, mais pourtant utile quand on est face à l’impensable et l’inacceptable. Peut elle être efficace : oui, si elle n’est pas simplement une passion qui fait perdre tout contrôle. Peut être la colère dans certains cas est une vertu ?

      1. La colère est vertu. La tristesse est vertu. La joie est vertu, l’amour est vertu. La fierté est vertu. Tout ce qui nous constitue est vertu et traduit le fait que nous sommes des êtres humains, ni parfaits, ni imparfaits. En totale évolution, nous nous adaptons à nos sociétés, à notre environnement et à notre évolution personnelle. Acceptons ce que nous sommes tout simplement, restons lucides et éveillés! La perfection n’existant pas, soyons heureux de notre condition humaine et vivons notre vie avec envie, sans trop nous poser de questions. Trop de trop peut nous faire perdre la tête! Soyons! Pas mal déjà!

  6. Cher Alexandre ,

    Je trouve votre question charmante : quel acte je puis faire ici et maintenant pour progresser dans le bien en douceur ?

    Il me semble que developper la tendresse du cœur est un acte qui fait du bien a l’autre que j’accueille dans son présent.

  7. l’arrêt des perturbations du mental s’obtient par une pratique intense, dans un esprit de lacher-prise.
    En l’occurence, cette pratique intense est un effort énergique pour ce centrer.
    Mais elle n’est une base solide que si elle est pratiquée avec ferveur, persévérance,de façon ininterrompue, et pendant longtemps.
    Le lâcher-prise est induit par un état de conscience totale, qui libère de désir face au monde qui nous entoure.
    Le plus haut degré de lacher-prise consiste à se détêcher des Gunas, grâce à la consciense de soi

    je vous rassure ce n’est pas de moi mais extrait du yoga-sutras patanjali en bref ce n’est pas nouveau.Je croit qu’il faut cesser de ce questionner mais passer à l’action.L’image que je peut donner c’est celle de la simplicité. C’est par de petites actions de tout les jours que nait la joie. Pas par une reflexion perpetuelle mais par l’action sans en attendre rien juste parque sans elles pas d’humanité. en bref devenons des hommes (être humain) et surtout osons nous.

  8. Bonjour Alexandre,
    merci pour ces pharmacopées que je retrouve avec plaisir.
    Et si ici et maintenant il n’y avait rien à faire ?

    1. Bonjour
      Quelle belle question ! Et s’il n’y avait rien à faire ?
      Et si nous en profitions pour contempler, appécier, aimer ..VIVRE !!
      Bonne journée à tous.

      1. oui apprecier le moment present et si en plus un bel endroit cela peut meme etre un luxe d avoir du temps et de respirer mais nous ne sommes pas tous a savoir prendres ces beaux moments

  9. Bonjour Alexandre,
    j’ai posté un message ce matin commentant cette pharmacopée 31 mais je ne le vois plus. J’ignore si je m’y suis mal prise ou s’il a été effacé.
    Il disait ceci :

    Et si ici et maintenant il n’était pas nécessaire de poser un acte ?

  10. Je suis très âgée et me rend compte que méditation et culture scientifique m’ont amenée à considérer l’univers comme formant un Tout avec la certitude que tout est relié .Cela aide beaucoup à lâcher prise ,à donner sa compassion et son amour sans rien attendre (avec la certitude que tout ce que tu donnes tombe dans « le pot commun » et – sous une forme ou une autre -te reviendra un jour ou l’autre .) Cela donne une profonde tranquillité d’esprit .J’en v iens à faire ce que mon Esprit et mon coeur me disent sans me soucier de comment les autres le jugeront ou me le rendront, confiante dans l’Amour du Grand Tout.Pas de routine dans cela ni de réflexion préalable :cela devient une seconde nature sans aucun effort ;

  11. connais toi toi même et comme dis le marketing be yourself. Plus que poser un acte agir en congruence est un chemin chaotique et infini dans la mesure de notre évolution continue..quelle joie de surfer sur les vagues de la vie en toute conscience!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *