Pharmacopée n°30

Le bon Pape Jean XXIII notait, dans son journal, qu’il se promettait d’accomplir chacune de ses actions comme si Dieu l’avait créé uniquement pour faire cette action. Belle invitation pour moi à me jeter dans le présent et à vivre action après action.

J’écris cette pharmacopée et j’imagine, ou plutôt je ressens, je découvre que toute mon existence m’y a conduit. Je joue avec mes enfants comme si ma vie entière se donnait à travers ces rigolades, ces sourires, ces culbutes, cette joie. Vivre chaque moment comme si on n’était fait que pour cela, c’est peut-être découvrir que la quintessence de la vie est au présent.

Depuis longtemps, je barratine pour inviter chacun à vivre dans le présent mais je suis moi-même incapable de m’y réjouir. Toujours, la pensée du futur ou celle du passé reviennent en moi. Mais la pensée du Pape Jean XXIII, aujourd’hui, m’oblige à rester près du présent, à y poser les mains, les pieds, à y habiter totalement. Lorsque j’écris cette pharmacopée, je ne suis plus le vieux moi de la veille. Quand j’aurai écrit le point final, je serai un autre moi et c’est la vie qui passe à travers moi. Trop souvent, je l’oublie.

Joyeux Noël à vous, d’instants en instants.

20 Comments on “Pharmacopée n°30”

  1. Bonjour Monsieur Jollien

    « Quand j’aurai écrit le point final, je serai un autre moi et c’est la vie qui passe à travers moi ».

    J’ai lu et relu votre phrase et j’avoue que je ne comprends rien.

    Vous avez deux, trois, quatre…. moi?

    Ben, c’est de la fragmentation ça…

    Et lorsque la vie passe à travers vous, qui est vivant dans tout ça?

    Je m’y perds un peu….

    En fait votre petit texte me donne le sentiment d’un éclatement du moi dans le temps et dans l’acte.

    Je rebondis de manière très littérale à vos propos mais il me semble que les mots et expressions choisies ne le sont jamais tout à fait au hasard. Ils traduisent toujours quelque chose d’assez proche de la pensée profonde de celui qui écrit.

    Et ces phrases qui mettent en forme une sorte de « moi éclaté », une forme d’impermanence dans le temps (le moi de la veille) et dans l’acte (je serai autre après avoir fait cela) mettent l’accent sur l’aspect contingent de l’être plutôt que sur sa réalisation intérieure qui s’affranchit à la fois du temps et de l’espace.

    Cela ne constitue qu’une réflexion au passage….

    Au Joyeux Noël à vous, d’instants en instants, je vous réponds, Joyeux Noël à vous, en esprit et en espérance

    Bien fraternellement

    1. Une interprètation possible de « Quand j’aurai écrit le point final, je serai un autre moi et c’est la vie qui passe à travers moi », serait : que le jour où le moi a écrit cette phrase (aujourd’hui par exemple), le moi au jour de son point final (à sa mort ou au-delà même de cette mort), je serai un autre moi… intrinsèquement entre deux dates, on est un autre moi, puisque l’expérience de la vie a fait son oeuvre, même si ce n’est qu’un instant, car cet instant modifie notre état de conscience et d’inconscience (entre autres)… et la vie a fait son oeuvre. En clair, ce que vous êtes aujourd’hui ne sera plus demain, car au fonds de minutieux changements se sont opérés et parfois d’immenses, selon les jours… et donc vous êtes un nouvel homme… constamment.

  2. Bonjour Alexandre,

    Merci pour cette pharmacopée.
    Je pense que l’important c’est cette prise de conscience de l’instant présent, du beau qui s’offre à nous et s’en réjouir du mieux que l’on peut.
    Bonnes fêtes de fin d’année entouré de vos proches.

  3. Joyeux Noël à toi et ta famille, ainsi qu’à tous ceux qui échangent aux travers de tes pharmacopées si passionnantes.

    Amicalement

    Philippe Laisné

  4. Cher Alexandre,

    Je vous souhaite a vous et a vous amies amis, d’être pour la nouvelle année au temps de Dieu ,il me semble que cela pourrai être étonnant incompréhensible touchant et ….

  5. Bonjour Alexandre, et à vous,
    Merci encore pour ce partage. Le partage pour ce présent, qui est l’instant et le cadeau. Merci de partager ce qui te guide mais encore plus de partager cette authenticité à te dire. Je réalise que je suis inconsciement incommodé par ceux qui se posent comme savant, ou comme sachant. Oui ils savent, ils comprennent intellectuellement et ça gonfle une énergie de supériorité. Ce que j’aime dans tes écris c’est qu’ils sont toujours accompagné de ton EXPERIENCE et des embuches que tu rencontres. Pour moi c’est cela être un Guide, tu as la lanterne, comme l’Ermite du Tarot, du éclaires les pas des autres sans leurrer sur les tiens. Je trouve que ça aide à s’accepter avec ses propres failles.
    Noël est passé, arrive la Nouvelle Année avec son lot d’apprentis-sages !! Tout de bon à vous. Fred

  6. Bonjour Mr Jollien
    pour commencer de bonnes fêtes à vous et vos lecteurs(et lectrices dsl ms le masculin l’emporte dès lors qu’ils sont présents…drame de la grammaire française…lol).
    En ce qui concerne le présent effectivement on entend souvent qu’il faut profiter du présent etc…sauf que parfois le présent c’est pas le meilleur des temps et il est bon de se ressourcer au passé ou envisager le futur pour avancer s’encourager…me semble t il…ms bon je ne suis pas philosophe…juste j’aime les mots les discours..quand ils donnent du sens à ma vie à mes actes parfois…
    Sinon je lis actuellement l’éloge de la faiblesse après avoir lu la construction de soi que j’avais bcp apprécié..Bon c’est certain votre dureté envers les éducateurs dont je fais partie ( ben oui nul n’est parfait…lol) n’est pas sans me heurter quelque fois…peut être parce que vous assénez des vérités non digérées ou peut être vous me semblez injuste…ou les deux…En tous les cas ça a le mérite de faire réfléchir . ..
    Il me vient bien des réflexions au regards de vos écrits , de mon expérience professionnelle et personnelle… je me contenterai de lire vos pharmacopées et poster un commentaire, modestement parfois..
    Une bien belle année à vous tous avec un peu d’avance..mon coté pas présente! lol…
    Mary

    1. Je partage votre point de vue. Le présent est parfois un enfer. C’est la promesse de l’aube qui permet dans ce cas de survivre. L’humain enfermé dans un présent effroyable, a encore son imagination pour construire une espérance.

      Le carpe diem n’est pas un remède suffisant. L’humain a besoin de se projeter. L’espoir fait vivre dit-on. Mais l’humain a aussi besoin du passé.

      Je me souviens de ma grand mère qui à 90 ans revisitait sans cesse son passé. Ce passé devenant notre présent à nous ses petits enfants. Elle nous transmettait ainsi son héritage immatériel, celui d’une vie qui ne veut pas s’épuiser sans dire ce qu’elle a été.

      Au fond, les jeunes présentéifient l’avenir et les vieux le passé, dans cette immense chaîne générationnelle qu’est l’Humanité.

  7. Bonjour Alexandre,

    Deux petites choses en passant.:
    – J’aime beaucoup ces pharmacopées qui réconcilient toujours en moi le chrétien de naissance et l’inspiration zen.
    – Dans mon travail auprès d’enfants handicapés moteurs, dont quelques IMC, j’aime à penser qu’ils deviendront des adultes de votre trempe et ça m’encourage à continuer.

  8. Une Bonne année à vous mr Jollien,
    je vous ai découvert il y a maintenant plus d’un an et vos mots sont une aide précieuse dans mon quotidien.
    Merci d’être,
    chaleureusement,
    louly-louly

  9. Quelle belle pharmacopée que celle que vous nous présentez régulièrement, et beau parcours où le « à chaque jour suffit sa peine  » de notre Occident rejoint avec délices la délectation de l’instant présent des maîtres Zen.
    Je vous souhaite une excellente nouvelle année 2012 et que vous continuiez ainsi d’instiller en chacun de nous de belle raisons d’espérer.

    Je lis en ce moment votre ouvrage, bel hommage à Dame Philosophie, « La Construction de soi »
    Votre parcours combattif me fait penser à une amie qui, comme on le dit , ici, en Béarn, » s’en voit » pour lire et taper sur un clavier, une véritable leçon de patience, obligation involontaire de cheminer lentement mais sûrement vers son bonheur.
    Si je ne l’avais ainsi accompagnée dans une librairie, poussant derrière cette belle, assise, maintenue par la force d’un sort contraire, dans un fauteuil, j’aurais manqué mes retrouvailles avec la philosophie, et de belle-âmes ignorées, merci, encore merci, le regard change tout comme la posture.
    Bien à vous et que votre pharmacopée s’enrichisse encore, pour notre souverain bien.

  10. avant tout, merci alexandre pour cet espace de liberté. Mais; je viens en vous lisant tous (et sans autre prétention que de participer à ces échanges) vous mettre en garde. Nous ne pouvons comprendre la vision asiatique de la vie sans nous mettre dans un état de l’esprit particulier. je vais vous donner deux exemples simples de notre incompréhension. le judo japonnais,la médecine chinoise.
    au japon avant qu’il ne devienne discipline sportive, dans son essence, il n’existe que deux ceinture de couleur. la blanche celle de l’apprentissage, la noire celle qui vous donne accès à la compréhension de l’art mais nous qui ne fonctionnons qu’avec carotte et baton nous avons fabriqué une multitude d’intermédiaire qui aujourdhui fond croire que la ceinture noire est la finalité de l’art.
    la médecine que nous connaissons curative n’existais pas en asie, la médecine chinoise n’est pas curative mais elle doit vous aider à être en bonne santé (d’ou tout les difficultés qu’a eu l’accuponcture de s’imposer dans nos sociétés)dans les temps anciens le docteur chinois n’était payé que si il réussissait se pari de votre bonne santé.
    Donc attention quand vous abordé tout ses texte de vous mettre dans le bon état de l’esprit sinon vous passerrez toujours a coté de l’essentiel.
    comme j’ai osez ce jour à tres bientot

  11. merci pour vos livres precieux soutien a mon quotidien!ce matin « metier d homme » me comble,pas assez fataliste je lutte parfois contre des moulins a vent!!!le « advienne que pourra  » m a pporte un peu de paix comme le a chaque jour suffit sa peine.vos livres nous introduisent a une philosophie zen!chacun a assumer un handicap qui parfois ne se voit pas mais nous rend la vie plus sombre.merci pour l eloge de la faiblesse.et nous ne pouvons vivre sans la joie du coeur qui illume notre quotidien!!!

  12. Se découvrir dans la fragilité du moment. A chaque instant pressentir la profondeur de sa propre superficialité. A chaque découverte plonger toujours plus dans le coeur. Je vous embrasse.

  13. Bonjour à toutes et à tous,

    Un grand merci pour vos voeux et votre soutien. Je suis vraiment très heureux de vos réactions. Et à mon tour, je vous souhaite le meilleur pour 2012. C’est avec joie que je complèterai cette petite boîte à outils philosophiques. Même si je ne puis pas répondre à chacun de vos messages, je vous suis très reconnaissant de nourrir cette rubrique par vos réflexions.

    Merci à tous,
    Alexandre Jollien

  14. Les enfants sont nos maitres en légèreté : ils vivent a l’instant présent, ils passent des larmes aux rires…

  15. Bonjour Alexandre et merci pour cette grande clarté dans vos explications ;
    Oui à l’instant présent originel (la nature fondamentale), sans futur, ni passé, et sans aucune sécurité;
    Tout simplement,
    En laissant passer les nuages de souffrance ( et autres)

  16. le moment present est plus simple que notre esprit vagabond sans son collier et sa laisse agité comme un lion fougueux sans ses gardes fou arrive meme a nous laisser avec une salle migraine et sans reponse ou seulement partir marcher ou partir aux quatre vent en velo en moto ou se jeter comme un marin perdu aux bains de saillon et puis si l envie nous prends au coeur sorti du sauna pour se rentrer en soi meme enfin calmé pour le temps d un tour d aiguille ctout de l arbre de chez brassens ou pres de mon bonzaie.

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