Pharmacopée n°2

Montaigne a dit : « Esope, ce grand homme, vit son maître qui pissait en se promenant. » « Quoi donc, dit-il, faudra-t-il donc chier en courant. Ménageons le temps. » J’aime ici que la truculence vienne rappeler l’essentiel et contrarier ma fâcheuse tendance à tout faire à la fois. Esope rejoint les maîtres zen qui exhortent à se consacrer pleinement à l’action en route, à s’épuiser dans l’activité ici et maintenant. Le temps n’est plus une denrée de consommation. Il ne doit pas produire, être rentable.

Lors de la méditation, j’ai la fâcheuse tendance à regarder mon minuteur. Depuis peu, je le pose sur une bible, histoire de me rappeler que le temps ne m’appartient pas, qu’il m’est donné gratuitement, que tout est éphémère et que l’art de la joie consiste à habiter chaque instant en se dépouillant des regrets et de l’attente.

18 Comments on “Pharmacopée n°2”

  1. J’ai commencé la lecture « le philosophe nu » hier, et je lis et écoute tout ce que je peux vous concernant.
    A la retraite, ne « rien faire » : de nécessité faire vertu justement. (aussi relative que la vôtre par instants, ce qui nous constitue !) J’aime le silence, la musique, la radio et maintenant cette fenêtre inouïe qu’est La Toile… Et il faudrait demander pardon d’exister ? Parce ce que je ne m’agite pas ? Je n’ai pas encore toute la patience requise. Autant continuer à vous lire, et MERCI.
    Tous mes voeux pour votre épouse et vos deux enfants ! Vive la Vie ! Tante Léonie

  2. Parfois, quand je reste devant la statue de Thérèse de Lisieux dans la fraicheur et le calme de la cathédrale d’Évreux, je regarde ma montre, pour m’en guérir, j’ai décidé d’avoir des conversations silencieuses avec elle.

  3. Le rapport au temps n’est que la résultante et la conséquence de notre vitesse beaucoup trop petite vis à vis de celle de la lumière. Nous vieilissons parceque nous sommes matière et pas photons… Je pense que seul l’affectif peut nous permettre d’explorer à la fois le passé et le futur , ce serait se mettre à l’écoute de ce que nous donne la vie dans la synchronicité de ce que l’on sent : le fameux « lacher-prise » ?…

  4. Bravo pour ta (trop) courte apparition sur tf1…
    ô grand philosophe des temps modernes !!!
    Un regret : que ce ne soit pas toi qui lise tes propres textes et ici pas assez de place pour écrire … dommage

    1. sham, j’ai écouté votre radio et j’aime ce que vous faites – J’aimerai proposer une rubrique bien être avec des trucs de tout les jours à appliquer pour les auditeurs – car je suis professeur de yoga – Et et j’ai toujours revé de faire de l’animation radio ! Pensez vous cela possible ? ici mon mail : marclaurentatt@gmail.com – bien à vous : ) Marc LA

  5. Pourtant tout le monde ou presque sait, sauf ce maître, qu’on ne peut faire qu’une chose à la fois, à ne pas en douter, ou presque, faute de tout rater, de fait il doit avoir pissé sur ses chaussures et s’être entremêlé les pieds ou bien?
    Et oui nous voulons tout faire en même temps, mais aussi tout réussir et si nous le ratons nous nous flagellons comme des incapables alors que nous ne sommes que des humains.
    slim

    .

  6. le hasard a fait que je regarde cette émission littéraire sur le 5 où vous étiez invités avec Boris Cyrulnik.
    votre maladie peut vous donner des « boutons » car intégrée dans votre CV, mais aussi vous grandir. Comme si votre expérience enrichissait votre vie, et surtout, enrichissait la nôtre. Je vous remercie pour votre témoignage.
    meilleures pensées

    1. Simplement pour préciser que la paralysie cérébrale n’est pas une maladie. C’est un état permanent provoqué généralement par un manque d’oxygène au cerveau à la naissance.

  7.  » l’art de la Joie consiste à habiter chaque instant »
    Oui..habiter le courant de la vie..
    n’est ce pas cesser de courir aprés la vie.

  8. Un copain à moi disait que le corps n’est que le bât de notre esprit, ainsi si pour aller me promener je me faisais porter par un âne qui boite, comment la démarche de l’âne pourrait gêner ma vue sur le paysage?
    Il ajoutais que le corps n’est rien, l’esprit c’est tout, et si l’esprit c’ est tout et que le corps n’est rien, la maladie n’est qu’un point de vue……de l’esprit qui peut en faire des cuites et des mûres selon son point de vue, avez vous dit problème?
    Alexandre handicapé?
    C’est à son esprit d’en décider, ou bien?
    g.

  9. Je lis la remarque de Giuseppet qui est fort intéressante surtout parce que je ne suis pas trop d’accord. J’ai lu un livre étonnant d’un neurologue américain nommé DAMASIO qui a écrit un livre intitulé « Spinoza avait raison »… Damasio explique les relations étroites du corps et de l’esprit. On se rend compte en fait qu’on ne peut pas distinguer le corps de l’esprit. La pensée naît au coeur de cellules de chair, la pensée résulte de processus impliquant des cellules vivantes. La pensée naît d’échanges électriques et chimiques. Je ne suis pas médecin je me trompe sur les termes mais j’ai compris l’idée, la pensée naît dans la chair, on peut même dire, DAMASION l’explique, que la pensées EST chair.
    Au point même qu’on peut sérieusement se demander si ce n’est pas l’état, toujours changeant, du corps, qui conditionnent nos pensées si changeantes que parfois on se demande qui nous sommes et qui me fait dire souvent que nous ne sommes que des girouettes… Je crois que Heidegger lui aussi parle de la tonalité du moment, mélange d’état du corps et d’état d’esprit… Damasio explique le processus de pensée qui se construit à partir de sortes de tableaux de bord détaillant les différents états des parties de notre corps, genre tableau de la situation chimique de notre sang, situation du système digestif etc… Et ces « états du corps », ces rapports, induisent des pensées, la pensée est un système complexe destiné à assurer la continuité du fonctionnement du corps… Du pur Spinoza…
    Me voici en contradiction avec Giuseppe. Même si ça heurte les fiers petits êtres humains on peut dire que le corps est tout et l’esprit n’est rien. D’ailleurs dès que notre corps aura disparu j’ai la plus ferme conviction que votre personnalité individuelle ne s’exprimera plus jamais…
    Je ne crois pas que les gens souffrant peuvent s’affranchir du parcours de leur corps souffrant. Je ne dirais pas cela.

  10. A propos du présent, j’ai passé un été en famille, la mienne c’est à dire ma compagne et mon bo fils, puis celle plus grande de la famille du ccoté de ma mére – Je n’ai pas aimé ces moment par trop proche d’un passé encore trop douloureux et quelques blesure encore ouverte d’abandon ou de parole pas tenu par celle qui m’ a mis au monde – Pourtant moi qui médite chaque jour presque depuis 5 ans, grace à ma compagne et son fils j’ai été semble t’il comme sorti de ma contemplation personnel – concernant mes ressentiments et opinion si légitime soient ‘il – cela m’a bousculé mais c’était comme si je vivais une nouvelle naissance qui m’a laissé penser que méditer c’etait aussi agir pour et avec les autres : ) zenement votre

  11. J’aime bien cette truculence de la citation de d’esope. Je m’y retrouve car pour ma part j’ai eu du mal cette semaine et jusqu’à aujourd’hui – A ne pas faire tout en même temps et à ne pas vouloir tout tout de suite – A me concentrer et accueillir – qu’une seule chose, la recherche de boulot en l’occurrence ! Mais il faut reconnaître que c’est difficile, car j’ai démissionner d’un job pour me consacrer à ma recherche de boulot dans le domaine de l’animation sociale – Oui c’est difficile d’être disponible dans ces moments tant et tant répétés, et qui se vident de leur sens (jeparle du travail) à force de les répéter – « ca me fais CHIER !  » C’est le cas de le dire, un cri du coeur !  » tu la voyais pas comme ca ta vie… » (dixit. souchon)…Ca manque cruellement de tendresse – Mais je me bat depuis un certain temps quand même – Lisant le livre d’un sage indhous : Tathata – qui parle de bouddha et du haut de mes 46 ans, je médite ces paroles même naïvement, je ressent même mal, et je fais de l’humour même mal, je communique et j’aime même si j’ai mal et je chante même faux, après tout si Dieu existe il ne m’a sans doute pas voulu parfait et es autres non plus ! peut être suis je venu n’apprendre que cela ici bas ! je tache de ramener à moi se présent qui m’échappe et qui explose, qui manque d’embrassade (i trop, ni pas assez) – J’avoue n’avoir pas encore trouver ce juste milieu, comme le bouddha – bien que j’y travail avec trop de sérieux peut être ?- souvent repris par l’ego ! Mais souvent dans ma vie de tout les jours je me sent sincère quoique peu honnête… »encore que, non de non, en plus d’être sincère il faudrait, en aussi être qu’honnête  » lol : ) – laissons le temps au temps et aimons le en – corps ! Marc LA

Répondre à Eric Savarino Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *