Pharmacopée n°17

« En haut ou en bas, c’est complètement égal. » Telle est l’intuition qui m’est apparue lorsque je remontais le bord du lac Léman pour regagner la maison sous un soleil de plomb. Depuis peu, j’aime à me promener chaque jour. Durant ces balades, j’essaie de pratiquer le zen. Marcher sans but ni esprit de profit. Principe que je martèle tout au long de ces pharmacopées tant il pointe, à mes yeux, l’essentiel. Or, j’y puise une force.

Devant une pente raide, je me concentre sur le pas que je suis en train de faire sans braquer le regard sur l’arrivée, sur le plat qui m’attend. J’y trouve une bonne indication pour la vie : tout faire impeccablement et être détaché du résultat. Car, après tout, en haut ou en bas, je suis. Au sommet ou au bas de la côte, je peux respirer mêmement. Là où je marche, je contemple la vue, le paysage unique qui m’entourent. D’où me vient cette harassante idée qui me laisse croire que parvenu au terme de la balade, je serai plus heureux, que j’aurai réalisé un gain, obtenu quelque chose. La vie est une promenade, chaque étape est essentielle et il n’y a peut-être même pas de but ultime sinon de cheminer avec tout son être dans la joie.

8 Comments on “Pharmacopée n°17”

  1. Merci pour cette jolie métaphore sur la vie, une promenade, un cheminement où il n’y’a pas d’itinéraire imposé. La destination importe moins que celà qui la jalonne, Carpe diem.
    Trop longtemps, dans un souci de perfection j’ai sacrifié le plaisir du parcours. Le résultat n’étant jamais à la hauteur de l’attente que m’en restait il une souffrance, une frustration. Aujourd’hui, je m’en suis détachée et je suis plus en mesure d’apprécier tout ce qui présente. L’imprévu n’est plus facteur de retard ou de nuissance mais d’une possible découvert, une chance à saisir. les personnes ayant eu un parcours de vie peu linéaire sont souvent d’une extraordinaire richesse. Ce que l’on apprend c’est l’ouverture au monde, aux autre et finalement à mieux se connaître.

  2. On oublie parfois que l’Homme est prédestiné à vivre en pleine nature. C’est de là qu’il vient je crois ! Je ressens parfois cette sorte d’ivresse et de bien-être à me retrouver comme vous Alexandre, en pleine nature, et sentir qu’en fait, l’existence est quelque chose qui nous dépasse. Marcher sans but, errer, c’est retrouver le sens premier de la vie ! Nous passons trop de temps à courir après la montre, le temps, à errer dans les villes, dans le béton… Nous sommes des êtres dont la nature est complémentaire… A trop devenir citadin, nous en perdons des petites choses essentielles : marcher, respirer, écouter, regarder, et finalement s’apaiser…
    Amitiés…:)

    1. Jeff : l’être humain serait « prédestiné » à vivre dans la Nature ? Pour ma part je me méfie un peu de cet aspiration à vivre dans la Nature. Quelle Nature d’abord. La forêt, les champs, les prés ? Sans doute… Mais pour moi la Nature est partout, l’Univers matériel est l’ultime réalité. Et si l’on fait un retour fantasmatique à une époque de l’histoire humaine où les activités agricoles dominaient on peut imaginer la rude vie de nos ancêtres, l’insalubrité des masures humides, la mortalité infantile, le froid et la faim… Cro-Magnon… Vivre au fond d’une grotte humide ou d’un abri rocheux serait préférable à une solide maison… Pour ma part je fais les mêmes exercicent en milieu urbain, la Nature est présente partout, la Nature au sens de l’Univers est là et bien là… Il m’arrive de marcher l’esprit libre dans des rues qui montent et qui descendent… C’est à mon sens cet état d’esprit qu’il faut cultiver plutôt qu’un décor verdoyant fort sympathique par ailleurs.. Il ne faut jamais oublier que la plus sophistiquée des créations industrielles humaines est rendu possible par la Nature… Mais au sens large.. Je pense rarement à la Terre, je pense bien plus souvent à l’Univers et à cette échelle là les problèmes de la Terre ont une bien petite place, constat objectif… Alors pour moi peu importe d’arpenter une rue dans une banlieue un peu triste, rien n’est triste à mes yeux…

  3. Aborder la vie sans réflexion, sans identification, juste pour ce qui est, c’est comme cela que j’aime communiquer, m’effacer pour mieux laisser exister, sentir sans ressentir.

  4. Bonjour,
    Marcher est pour moi également un moment précieux ou j’aime me retrouver dans la nature. Découvrir la flore qui explose en ce moment, un papillon qui me gratifie de sa nouvelle panaplie, les feuilles qui couvrent l’espace resté vide lors de l’ hiver, écouter la symphonie joyeuse des oiseaux… Je ne puis m’empêcher de penser mais j’essaye de porter mon attention à toutes ces choses qui nous entourent.
    Merci pour cette belle pharmacopée et bonne continuation Alexandre.. .

  5. Se promener ,ainsi, sans but, c’est communier profondément avec la nature,avec le « Tout »; s’émerveiller de tout ce que nous avons tendance à considérer comme normal et allant de soi, et mettre à contribution tout notre corps :le faire participer à l’aventure.
    Par contre je pense que le but profond de notre vie est de ressentir à fond combien l’Univers nous aime pour jouir d’une grande confiance ,combien nous devons rendre cet amour ,créer le maximum de liens avec les autres ET LA JOIE afflue ,alors, la joie de rencontrer notre vraie nature spirituelle profonde -si éloignée de notre petit ego jamais satisfait.
    Continuez ,Alexandre: vous êtes sur la bonne voie. Amitiés

  6. Mais alors, si on marche sans but on marche pour marcher, peut être une manière comme une autre de vivre l’instant présent.
    Si on marche concentré sur la marche sans regarder la pente qui aurait tendance à troubler l’esprit on peut apprecier la marche pour la marche, le présent pour le présent.
    Peut être que le bonheur de la marche vient de la marche, le plaisir d’avoir marché et non d’atteindre un but par la marche qui aurait empêché d’observer la marche.
    GL

  7. Je ne parle pas d’une nature bio, mais prédestiné dans le sens où l’univers matériel dont tu parles est fabriqué par l’homme ! je parle de ce qui est avec l’être humain depuis la nuit des temps et qu’on retrouve peut-être inconsciemment lorsqu’on se retrouve dans la nature ! C’est de cet inconscient que je parle ici et qui peut se manifester à notre insu au contact de chises simples ! Si tu épprouves un plaisir tout simple lorsque tu te retrouves dans l’univers qu’est la réalité actuelle de notre monde, libre à toi de l’apprécier… Moi, il ne me surprend jamais ! Je ne veux pas parler aussi d’un retour à la nature et vivre comme il y a des milliers ou des dizaines d’années en arrière… pas du tout !
    On peut apprécier la vie dans une rue de banlieu triste ou au sommet d’une montagne… Peu importe l’endroit, le lieu, suffit que chacun retrouve cet apaisement qui donne cette sensation de faire partie d’un tout, d’un ensemble de cette réalité propre à chacun !
    Quand bien même on essaie de tout uniformiser, chaque personne voit le monde à sa façon et ce n’est peut-être pas le même pour tout le monde !
    Quant à un retour à Cro-magnon… Tu es sérieux ou quoi ?…:)

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